Question bête, mais un tie-break, ça ne se gagne pas à sept ? Arthur Fils a battu Alex Michelsen vendredi soir à Anvers, 6-4, 7-6. Et entre parenthèses, il y a écrit 14/12. J’ai relu trois fois dans le train de 7 h 32. Quatorze.
Ce que j’ai fini par comprendre, en lisant le règlement sur mon GSM : il faut sept points, mais avec deux d’avance. Donc à 6-6, on continue. À 7-7, on continue. À 12-12, on continue encore. Théoriquement, ça peut ne jamais finir. Personne ne prévoit de limite. Ils ont joué vingt-six points pour en gagner un seul, le set. La DH dit que ce tie-break a été très disputé. Je veux bien le croire.
Le reste de l’article m’a plus perdu que le tie-break. Michelsen, 22 ans, a logé toute la semaine chez son entraîneur, Kristof Vliegen, à dix minutes du stade. Il a dormi chez son coach. Il s’est entraîné dans le club de son coach. Ils travaillent ensemble depuis un an. Et Michelsen a dit : « Mais, au bout du compte, il est mon entraîneur de tennis et il fait un sacré bon travail. »
Au bout du compte. Comme si quelqu’un avait pu croire autre chose. Moi je partage mon kot à Louvain-la-Neuve avec deux colocataires, et je n’ai jamais eu besoin de préciser qu’ils ne sont pas mes rédacteurs en chef.
Il a aussi visité. Il a dit : « Je suis allé voir la fontaine avec le petit garçon qui fait pipi ». C’est exactement comme ça que je l’aurais décrite, avant qu’on me donne le nom. Et il pense manger une gaufre vendredi soir ou samedi. Il a hésité entre deux jours pour une gaufre, et il n’a pas eu le choix pour le tie-break.
Une gaufre après une défaite, c’est bien. Chez nous, on la gardait pour le perdant.
Il avait battu David Goffin cette semaine, qui a pris sa retraite jeudi. Donc dans le même tournoi : une retraite, une fontaine, une gaufre, et vingt-six points de tie-break. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.



