Medvedev a battu Norrie 4-6, 6-3, 7-6 à Vienne. Victoire étriquée, dit We Love Tennis. Trois sets, un tie-break au bout. Je connais ce scénario par cœur.
Ce qui m’intéresse, c’est la gestion. Au lieu de fracasser sa raquette, il a choisi une méthode douce et humoristique pour évacuer sa frustration. Et il a évité une nouvelle amende. Ça, c’est du travail sur les intentions. On en parle beaucoup au club, on le fait peu.
Il l’a expliqué à l’arbitre de chaise, au changement de côté : « Si tu te fais mal, au moins tu ne prends pas d’amende. Donc l’ATP aime bien quand les gens se font mal un peu ».
Moi, je n’ai pas d’arbitre de chaise. J’ai mon adversaire du dimanche à dix heures, ma farde de statistiques et mon essuie sur le banc. Mais la frustration, c’est la même zone. Quand mon coup droit long de ligne sort, et il sort, je ne casse rien. Ma raquette a un cordage que j’ai payé, merci. Je la pose, je respire, j’accuse le néon du terrain 4. C’est ma méthode douce. Elle n’est pas humoristique, mais elle est gratuite.
Le niveau interclubs a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte. La gestion émotionnelle aussi. Medvedev le fait devant un arbitre et des caméras, moi devant la buvette. À deux entraînements près, hein.
À Couvin, on ne cassait rien non plus. On n’avait qu’une raquette.
Il joue Adrian Mannarino en quarts. Il vise une demi-finale, comme lors de ses quatre derniers tournois. Moi, mon objectif reste le classement de janvier.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.




