Une balle de break sur seize. J’ai lu le chiffre de Medvedev contre Djokovic, en demi-finale à Pékin, et j’ai sorti ma farde de statistiques pour comparer. Mon record personnel, c’est une sur quatorze, un dimanche de mars, dans la bulle qu’on loue à l’heure. Ça se sent dans le jeu, la bulle.
Techniquement, ce qu’il vit, je le connais. La balle de break, tu la vois venir, tu as tes intentions, ton schéma, ta zone. Et puis l’autre sert au T, ou au corps, ou il fait un truc avec son poignet que tu n’as pas travaillé le mardi soir. Quinze fois. À un moment, la frustration doit sortir quelque part.
Chez Medvedev, elle est sortie en imitation : il a mimé Djokovic en joueur fatigué. We Love Tennis rappelle que Djokovic laisse souvent apparaître sa souffrance après des points éprouvants, et parle d’une forme de frustration de Medvedev. Je suis dans son camp. Moi, après ma onzième balle de break ratée en mars, j’ai imité le néon du terrain 4. J’ai fait le clignotement avec les bras. Ma partenaire de double a demandé si ça allait. Ça n’allait pas, on a perdu le jeu suivant.
Le site écrit aussi que Medvedev semble avoir du mal à accepter de se faire dominer par un joueur de presque 40 ans. Je comprends tellement. En interclubs, je me suis fait battre par une dame qui jouait encore en Donnay. Elle avait un amorti que je mets aussi. Pas à chaque fois, mais je le mets.
Question bête, mais le néon a-t-il gagné ?
Mon analyse : sur ses seize balles de break, je ne dirai rien du cordage de Medvedev, je n’ai pas vu ses raquettes. Le mien, par contre, sur mes quatorze, il a bougé. Je l’ai noté dans la farde. Le niveau a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte. Et cette dame en Donnay, elle est toujours C15.5.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.



