Question bête, mais comment on mesure un entraînement « plus qualitatif » ?
Adrian Mannarino a 38 ans. Il a battu Flavio Cobolli, septième mondial, à Shanghai, son premier succès contre un Top 10 cette saison. Puis Karen Khachanov l’a battu au troisième tour, dimanche. Il a aussi parlé à L’Équipe. Il entend des conseils : « Il faut en faire un peu moins, mais plus qualitatif. » Il ne les aime pas du tout, et il l’a dit avec un mot que mon rédacteur en chef m’a demandé de ne pas répéter dans le train de 7 h 32.
Alors j’ai essayé de comprendre le conseil. La quantité, je vois : des heures, des balles, des tours de terrain. Ça se compte. La qualité, j’ai cherché l’unité. Un entraînement à 7 sur 10 ? Une balle « bien frappée » vaut combien de balles normales ? Si je fais une heure très qualitative, est-ce que ça compte pour deux ? J’ai fait le calcul sur mon carnet et j’ai obtenu un entraînement de zéro minute infiniment qualitatif. Ça m’a semblé suspect.
Mannarino, lui, a une réponse simple : « Dès que je mets un peu moins d’intensité à l’entraînement, physiquement ou même dans la tête, (…) je le sens tout de suite : les résultats sont beaucoup moins bons. » Donc il ne mesure pas la qualité. Il mesure les résultats. C’est presque scientifique.
Il a ajouté : « Il faut toujours garder de la qualité parce que la concurrence ne t’attend pas. » Là, j’ai relevé la tête : il est donc pour la qualité aussi. Il veut juste les deux. Personne ne lui a proposé l’option avec les deux.
Maxime, la qualité, c’est quand c’est moi qui le fais.
J’ai noté. J’ai posé la question à la buvette du club d’à côté, on m’a répondu « tantôt ». J’attends encore. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.




