6-4, 7-6(4). Jiri Lehecka bat Frances Tiafoe en quarts de l’ATP 250 de Stuttgart, et ce que je retiens, moi, c’est l’après. Il gagne le tie-break, fait son interview, rentre au vestiaire. De l’autre bout de la pièce, une phrase pas très polie, deux fois. Et les deux éclatent de rire.
Ensuite, toujours d’après Lehecka sur le site de l’ATP, ils parlent du match. Le déroulement, ce qu’ils ont bien fait, mal fait, la façon dont les fans les ont poussés. Ça, c’est une analyse de schémas. Des intentions. Du vrai travail.
Je fais exactement la même chose le dimanche. Interclubs à dix heures, défaite au super tie-break, cornet de frites à la buvette pour la récupération. Et là, je débriefe avec mon adversaire. Je lui explique que le terrain 4 penche, que mon cordage avait lâché en tension au deuxième set, que le néon m’a éblouie sur le lob. Elle mange ses frites. Elle ne rit pas. Elle ne dit pas grand-chose non plus.
La différence, c’est l’insulte d’entrée. Lehecka le dit : « Dans ces moments‐là, on voit à quel point on est détendus en réalité. » Il faut donc commencer par ça pour que le débrief soit détendu. Je note dans ma farde.
Lui juge que c’était l’un des meilleurs matchs de sa vie. Le niveau interclubs a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte, mais je peux dire la même chose de mon dernier dimanche. À deux entraînements près, hein.
À Couvin, après une défaite, on laissait le dernier morceau de tarte. Personne n’avait besoin de jurer pour ça.
Depuis, Lehecka a sorti Stan Wawrinka au premier tour de l’ATP 500 de Bâle. Moi ma saison commence vraiment en mai.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.



