Mercredi, à Paris, tout le monde a battu tout le monde. Hijikata, qualifié, 83e mondial, sort Djokovic 2-6, 6-3, 6-3. Musetti bat Zverev, le numéro 1. Buse, 33e, bat Medvedev. Halys sauve quatre balles de match contre Tiafoe. Cinq têtes de série sur seize en huitièmes, jamais vu au tournoi. Moi, en voyant ça, j’ai ouvert l’appli de l’AFT. Au cas où c’était ouvert pour tout le monde.
C30.4. Toujours. Bon, je sais que le classement sort en janvier. Mais il y a des jours où le tennis se dérègle, et je voulais vérifier que ça ne s’arrêtait pas à la frontière.
Techniquement, ce match de Hijikata, je le connais. Il lâche le premier set 2-6, puis il gagne les deux suivants 6-3, 6-3. Perdre le premier set, ça, c’est exactement mon schéma du dimanche. La suite, je la travaille le mardi soir. Sauf qu’en face, ce n’était pas une B-15 de Wavre, c’était un joueur qui a gagné ce tournoi sept fois. Et lui, avant, il avait déjà gagné deux tours de qualifs et Darderi 6-2, 6-2. Quatre matchs. Moi, quatre matchs, c’est ma saison d’hiver. À deux entraînements près, hein.
Le moment qui me parle le plus, c’est le 3-5 au troisième. Djokovic sert pour rester dans le match et ouvre par deux doubles fautes. Je ne juge pas. Je sais ce que c’est, la balle qui part dans le filet quand on y pense trop. Lui avait joué 2 heures 29 la veille contre Vacherot. Moi j’accuse le cordage, il a sûrement d’autres explications, et il a le droit.
Ma petite-fille m’a montré son classement sur le téléphone. Il n’avait pas bougé. Le téléphone, lui, avait l’air sûr de lui.
J’ai refermé l’appli. Hijikata joue Etcheverry en huitièmes. Moi, dimanche à dix heures, sur le terrain 4, et ma saison commence vraiment en mai.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Majors (FR).




