Question bête, mais si personne n’apprend à jouer comme Alexander Bublik, comment Alexander Bublik a-t-il appris ?
J’ai lu l’article de We Love Tennis dans le train de 7 h 32. Le joueur, 22e mondial, a perdu contre Alexander Zverev en huitièmes à Shanghai et part jouer à Almaty, chez lui, au Kazakhstan. Entre-temps, il a parlé au média russe Championat de son style atypique. Et il a dit : « si je devais un jour devenir entraîneur, je n’apprendrais à personne à jouer comme moi. »
Sa raison est claire : quand on s’entraîne, qu’on est discipliné, qu’on fait tout parfaitement, les chances de réussite sont plus élevées. D’accord. Mais lui a été top 10, se maintient dans le top 20 et a gagné de nombreux tournois. Donc la méthode qui marche moins bien l’a mené au top 10. J’ai noté ça dans mon carnet et j’ai souligné deux fois.
Il dit aussi qu’il y a toujours de la place pour les atypiques, « mais elle est très limitée ». J’ai demandé à la rédac combien de places exactement. Une ? Trois ? Est-ce qu’on fait la file ? J’ai vérifié, et en fait personne ne sait.
Je ne critique pas. Je compare. La place, il l’a prise, c’est poli de ne pas la donner.
Le point qui m’émerveille le plus : il s’entraîne peut-être moins que les autres, mais dit que c’est la même routine, et qu’il a trouvé un moyen d’y rester vivant avec ses émotions. Je croyais que tout le monde restait vivant dans sa routine. On m’explique que non, que la routine est longue sur le circuit. J’ai pensé à mon train de 7 h 32.
Donc le style existe, il gagne des tournois, et il ne sera jamais transmis. C’est comme une recette que la grand-mère garde pour elle, sauf que c’est la grand-mère qui dit que la recette n’est pas bonne.
Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre. Mais pas comme lui, apparemment.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.



