Carlos Alcaraz a joué plus au golf qu’au tennis à Indian Wells. Pendant des semaines, voire des mois, selon lui. Et il a gagné sept Grands Chelems. J’ai noté ça dans ma farde, en rouge.
Le contexte : Tomas Martin Etcheverry a ouvert sa chaîne YouTube et, dans son vlog de l’ATP 500 de Tokyo, il a reçu Alcaraz avec Jaume Munar, 31e mondial. Munar lui demande son tournoi favori hors d’Espagne. « Indian Wells, mon pote. Le golf, le fait de pouvoir se détendre et de se sentir comme chez soi… », a-t-il dit.
Moi, je ne joue pas au golf. Mais j’ai fait le calcul pour ma semaine type, parce que c’est la même logique. Mardi soir, je réserve le terrain 4 pour mon coup droit long de ligne. Il est pris. Je passe une heure à la buvette, à regarder le néon. Dimanche, interclubs à dix heures : deux heures de match, une heure et demie de cornet de frites, « pour la récupération ». Sur la semaine, j’ai joué moins de tennis que d’attente de tennis. Le ratio d’Alcaraz, je l’ai. Pas le palmarès, mais le ratio.
Et je comprends son histoire de se sentir chez soi. Les joueurs du circuit ont besoin de décompresser, de sortir de leurs schémas, de libérer les intentions. Moi aussi. Sauf qu’on m’appelle « la fille qui ne joue jamais », et lui « septuple champion ».
Céline, la buvette n’est pas un sport de détente. C’est un sport de capitaine, et je le pratique en division 1. Enfin 2.
La différence, je la vois bien : lui, entre deux parcours de golf, il se détend et se sent comme chez lui. Moi, quand je reviens de la buvette, il drache, même dans la bulle. Le niveau interclubs a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte. Il reste un point commun avec Alcaraz : le tournoi où je me sens chez moi, c’est aussi celui où je joue le moins.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.



