Alors, c’est très simple. Andrew Abdo, nouveau directeur de l’Open d’Australie et de Tennis Australia, faisait jeudi sa première présentation officielle, à la Rod Laver Arena. Médias, partenaires, employés, tout le monde. Et en parlant des rivalités du circuit, il a dit : « Que ce soit Carlos Alcaraz contre Jacob Sinner… »
Jacob. Pour le numéro 1 mondial, double vainqueur du tournoi qu’il dirige.
Je ne vais pas lui jeter la pierre, hein. Moi, à Kitzbühel, en 92, j’ai joué contre un futur top 10, et pendant trois sets je l’ai appelé Thomas. Il s’appelait autrement. Le nom exact, je l’ai noté quelque part, mais le contexte était différent : je menais, enfin j’aurais mené avec un autre juge de ligne. Les prénoms, dans nonante pour cent des cas, et je suis gentil, ça ne change rien au score.
Ce qui m’intéresse, c’est la suite. Interrogé après, il a reconnu son erreur devant les journalistes : « Bien sûr que je sais qu’il s’appelle Jannik Sinner ». Voilà un homme qui sait, mais qui dit autre chose. C’est exactement ma méthode depuis des années, on ne m’écoute pas.
Il vient de la National Rugby League. En septembre, il avait déjà évoqué une possible évolution du format des matchs masculins en Grand Chelem. Il y a eu de nombreuses réactions, et l’organisation a réaffirmé son attachement aux cinq sets. Attention, je ne dis pas qu’il change d’avis. Je précise : il précise. Comme moi.
Moi, en interclubs, on m’a inscrite deux saisons sous le nom de Coline. Je n’ai rien dit. Ça m’a donné un classement neuf, à deux entraînements près.
Je l’avais dit dès janvier : le prochain patron allait trébucher sur un prénom. Je n’avais pas dit lequel. L’esprit y était.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Actu.




