J’ai lu ça dans le train de 7 h 32 et j’ai relu deux fois. John McEnroe, qui a massacré plus d’une raquette quand il jouait, dit qu’il ne comprend pas Rafael Nadal, parce que Nadal n’en a jamais cassé une de toute sa carrière. « Qu’est-ce qui ne va pas chez lui ? » a-t-il dit sur la radio espagnole El Larguero. Il a même proposé : « c’est peut-être un robot ».
Question bête, mais je croyais que c’était l’inverse. Une raquette, c’est l’outil. On ne casse pas son outil. Au kot, celui qui casse la poêle, c’est lui qu’on regarde bizarrement, pas les autres.
Alors j’ai fait un tableau dans mon carnet, avec seulement ce que McEnroe dit. Roger Federer : une raquette cassée. Carlos Alcaraz : une raquette cassée. Rafael Nadal : zéro. Jannik Sinner : point d’interrogation, McEnroe pense « peut-être pas ». McEnroe lui-même : plus d’une.
Si je suis la logique jusqu’au bout, être humain au tennis, ça commence à une raquette. Federer et Alcaraz sont donc humains de justesse, avec le minimum. Nadal est un robot. Sinner est peut-être en train de devenir un robot, puisqu’il « suit peut-être leurs traces ». Et McEnroe, avec plus d’une, est le plus humain de tous. Donc le joueur le plus humain du tableau, c’est celui qui détruit le plus de matériel.
J’ai demandé à la rédaction s’il existait un registre officiel des raquettes cassées. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait.
Une raquette, ça coûte un cordage et un dimanche. Nadal a juste fait ses comptes.
McEnroe conclut que « c’est très difficile ». Ne rien casser pendant toute une carrière, ou comprendre quelqu’un qui n’a rien cassé ? Il ne précise pas. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.







