John McEnroe ne comprend pas Rafael Nadal. Sur la radio espagnole El Larguero, il est revenu sur le fait que Nadal n’a jamais cassé une raquette de sa carrière. « Je ne comprends pas, c’est peut-être un robot », a-t-il dit. Il a ajouté que Roger Federer en avait cassé une, Carlos Alcaraz aussi, et que Jannik Sinner, peut-être pas.
J’ai lu ça sur le banc, mon essuie sur les genoux, et je me suis sentie concernée. Parce que moi, j’en ai cassé une. Pas par colère. Par analyse. Le cordage avait lâché dans la zone, je l’ai frappée contre le grillage du terrain 4 pour vérifier la tension, et le cadre n’a pas suivi le diagnostic.
Si je reprends la grille de McEnroe, je suis donc dans le même groupe que Federer et Alcaraz : une raquette. Même schéma, même intention. À deux entraînements près, hein.
Ce qui m’intéresse techniquement, c’est Nadal. Toute une carrière sans casser une raquette. Moi, entre le cordage qui trahit, le néon du terrain 4 qui clignote au mauvais moment et le GSM qui vibre dans le sac pendant le tie-break, je n’ai pas tenu une saison. Je ne sais pas comment il a fait. McEnroe non plus, il l’a dit.
Une raquette cassée, chez nous, on la portait au magasin en s’excusant. Le grillage, lui, n’avait rien demandé.
Et pour Sinner, McEnroe pense qu’il « suit peut-être leurs traces ». Je note. Moi aussi je suis des traces : celles de Federer, à une raquette près, et c’est la même.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.




