Le garçon Alcaraz a perdu contre Zizou Bergs, au troisième tour, à Shanghai. Après, il a dit que les conditions étaient plus lentes, que les balles semblaient plus grosses, et qu’il ne voulait pas chercher d’excuses. C’est poli, de le préciser.
Ensuite un monsieur, Benoît Maylin, consultant, a parlé à son tour. Il a dit « sale gamin ». Il a dit « énorme boulard ». Il a dit qu’il fallait qu’il « dégonfle ». Il a compté quatre coups gagnants. Il a aussi reconnu que Bergs avait très bien joué, et il a dit souhaiter que le garçon redevienne celui qui s’amuse, plutôt que celui qui « chouine ».
Je ne critique pas. Je compare.
À Couvin, quand un enfant revenait de la kermesse en disant que les quilles étaient plus lourdes que l’an passé, on ne discutait pas des quilles. On lui servait de la tarte au riz. Il mangeait, il se taisait, et l’an d’après il gagnait la tombola. Personne ne l’a jamais appelé gamin devant les voisins. Les voisins le savaient, que c’était un gamin. Il n’y avait pas besoin du micro.
Le garçon a gagné Tokyo juste avant, le monsieur l’a rappelé lui-même. Il a parlé de balles. Le monsieur a parlé du garçon.
Celui qui dégonfle le mieux, c’est souvent celui qui tient le micro.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.


