Aux Jeux Olympiques, les deux perdants des demi-finales rejouent. Le 27 septembre 2000, à Sydney, cela a donné Arnaud Di Pasquale contre Roger Federer. Le Français, 62e mondial, a gagné 7-6, 6-7, 6-3. Le Suisse était 36e.
Pour arriver jusque-là, Di Pasquale avait battu Magnus Norman, 4e mondial, 7-6, 7-6 en huitièmes, puis Juan Carlos Ferrero, 12e mondial, 6-2, 6-1 en quarts, avant de s’incliner en demi-finale face à Ievgueni Kafelnikov, 8e mondial, 6-4, 6-4.
Federer avait perdu la veille contre Tommy Haas, 6-3, 6-2. Il a raconté ce qu’il a vécu ensuite : « Quand j’ai perdu, je suis allé me mettre dans un coin comme un gamin. Je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer. […] Le lendemain, je devais jouer pour la médaille de bronze contre Di Pasquale mais je ne faisais que pleurer et pleurer. »
Question bête, mais pourquoi on demande à deux personnes qui viennent de perdre de rejouer le lendemain ? Au foot, on appelle ça la petite finale, j’ai vérifié. Petite pour qui ? Di Pasquale avait battu le 4e et le 12e mondial pour y arriver. Et Federer, qui allait ensuite rester 237 semaines numéro un, était là, le lendemain, à tenir sa raquette. Au troisième set, sous la pression, il l’a lancée et lui a donné des coups de pied. On m’explique que c’est la tradition olympique, d’accord, mais encore ?
Le match s’est joué au Sydney Olympic Park Tennis Centre, construit en 1999. Son court central pouvait accueillir 10 500 spectateurs. Il a été renommé plus tard Ken Rosewall Arena.
Donc 10 500 personnes sont venues voir un match entre deux joueurs qui avaient perdu la veille. Et elles étaient contentes. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait pourquoi c’est aussi beau.
Cette médaille de bronze est le plus grand résultat de la carrière d’Arnaud Di Pasquale, qui a pris sa retraite en 2007. Federer, lui, a remporté son premier titre du Grand Chelem à Wimbledon en 2003 face à Mark Philippoussis. Il n’a jamais remporté l’or olympique en simple : son meilleur résultat est l’argent à Londres en 2012. Il a en revanche décroché l’or en double aux Jeux de Pékin 2008, avec Stan Wawrinka.
Une médaille d’or, mais à deux. Et pas en simple. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Majors (FR).


