Ça fait des années que je le dis au club : c’est le cordage. On rigole à la buvette. Eh bien le 2 octobre 1977, à Aix-en-Provence, le cordage a battu Guillermo Vilas.
Les faits. Ilie Nastase gagne la finale avec la raquette spaghetti, inventée en Allemagne par Werner Fischer. Vilas restait sur 53 victoires consécutives sur terre battue, un record resté intouchable près de trente ans. Il avait déjà onze tournois dans la saison en arrivant à Aix, dont Roland-Garros contre Brian Gottfried (6-0, 6-3, 6-0) et Forest Hills contre Jimmy Connors. Mené deux manches à zéro, il quitte le terrain pour protester : selon lui, cette raquette donne un avantage injuste.
Moi, ce que je vois, c’est le schéma. Avant la finale, Nastase avait lui-même perdu contre Georges Goven, qui jouait avec ce cordage. Il avait dit : « Je me suis fait balader par Goven. » Puis il a changé d’intentions et de raquette. Ça, c’est de la lecture de match. Moi, quand une adversaire m’a eue avec son cordage hybride, j’ai juste dit que le terrain 4 était trop glissant.
Et la Fédération Internationale de Tennis avait interdit la spaghetti la veille, avec effet à la fin du tournoi. Une zone grise d’une journée. J’adorerais ça en interclubs, dimanche à dix heures : un cordage interdit mais pas encore.
Question bête, mais si le cordage gagne, on donne le trophée à qui ?
Mike Fishbach s’en est servi pour battre Stan Smith à l’US Open, en plus. Trois victoires de prestige, un seul point commun, et c’est le tamis. Mon classement AFT, que j’attends en janvier, n’a jamais été jugé à ce niveau de matériel. À deux entraînements près, hein, et un recordage.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Majors (FR).


