Maja Chwalinska a gagné Wuhan dimanche. Finale contre Sonay Kartal, 170e mondiale : 2-6, 6-4, 6-2. Premier titre de sa carrière, et lundi elle sera 11e mondiale. J’ai lu le score sur mon GSM à la buvette, après mon double, avec mon cornet de frites. Pour la récupération.
2-6 au premier set. Ce schéma-là, je le connais. Tu arrives, tu n’as pas encore trouvé ta zone, tes intentions sont floues, la balle sort. Dimanche matin, j’ai perdu mon premier set 2-6 aussi. Elle a remonté. Moi, j’ai été arrêtée par le néon du terrain 4, qui s’est mis à clignoter au deuxième set. Ça casse les schémas, les gens ne se rendent pas compte.
Mais ce qui m’intéresse, c’est la saison. À Roland-Garros, elle était 114e mondiale et elle va en finale depuis les qualifications. Ensuite, cinq défaites en six matchs avant l’Asie. Cinq sur six. Ça, c’est ma saison d’hiver dans la bulle, qu’on loue à l’heure, et ça se sent dans le jeu. Personne ne m’a fait un article pour dire que c’était un creux de forme passager.
Et puis Wuhan. Elle remonte à la 11e place. Moi, j’attends le classement AFT en janvier comme un verdict. Je ne dis pas que c’est pareil. Je dis que la mécanique est la même : un gros résultat, un trou, puis tout revient d’un coup. À deux entraînements près, hein.
Au micro, elle a remercié son équipe, ses deux entraîneurs et son kinésithérapeute, « pour avoir été à mes côtés cette semaine et pratiquement toutes les semaines ». Deux entraîneurs. Moi j’en partage un avec sept dames le mardi soir, quand le terrain 4 est libre, c’est-à-dire jamais.
Un seul entraîneur suffit, Céline. À Kitzbühel, en 92, je n’en avais aucun.
Je ne réponds pas à ça. Ma saison commence vraiment en mai.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.



