Alexander Bublik disait autrefois que la Laver Cup n’était qu’une exhibition, parce qu’aucun point ATP n’y est distribué. Dans une interview à CLAY pendant Wimbledon, publiée mardi, il dit maintenant l’inverse. Question bête, mais comment un tournoi devient-il « une vraie compétition par équipes » du jour au lendemain, sans qu’aucune règle ne change ?
« Ce que j’ai dit remonte à longtemps. Mais je pense que la Laver Cup s’est forgé l’image d’un tournoi très compétitif, et je trouve que c’est une très bonne chose d’avoir un tournoi uniquement sur invitation : être invité donne le sentiment d’être privilégié. Peut-être que cela disparaîtra à l’avenir, mais ce n’est déjà plus une exhibition comme on avait l’habitude d’en voir, parce que les joueurs donnent le meilleur d’eux-mêmes, ils essaient de gagner et il y a une forme de prestige à remporter cette compétition en équipe », a expliqué Bublik.
J’ai relu la phrase trois fois. Il dit que c’est sérieux parce que c’est sur invitation, que c’est un privilège, et qu’il y a du prestige. Aucun de ces trois mots n’est un point ATP. Pourtant, apparemment, ça suffit à faire basculer un match du côté « ça compte » plutôt que « c’est pour rire ». Je note, je creuse, je ne comprends pas encore.
« Quand ma participation a été annoncée, des joueurs de mon équipe m’écrivaient déjà en me disant : « Hé, est-ce qu’on devrait faire ça ? » Il y avait déjà de la tactique. Je pense que c’est une véritable compétition par équipes, simplement sans points au classement. C’est ça, la différence », a-t-il ajouté. Donc il y a une équipe, des messages, de la tactique avant même le premier échange de balles. On m’explique que c’est un format à part, d’accord, mais encore ?
Le 21e mondial découvrira l’épreuve du 25 au 27 septembre à Londres, dans la Team World d’Andre Agassi, avec Taylor Fritz, Alex de Minaur, Brandon Nakashima, Learner Tien et Francisco Cerundolo. Il renonce pour cela à défendre son titre à Hangzhou (23-29 septembre), remporté l’an dernier contre Valentin Royer 7-6(4), 7-6(4). Ce sera sa toute première participation à la Laver Cup, ce qui explique peut-être pourquoi il en parle comme quelqu’un qui découvre une religion sur le tard.
Donc il y a de la tactique, des messages, une équipe, un capitaine, mais pas de points. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait à partir de quel ingrédient un match devient sérieux. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Actu.



